EN MARCHE_6Non, monsieur Macron, nous n'avons pas eu besoin de vous pour nous mettre en marche. Depuis qu'un singe s'est dressé sur ses pattes de derrière pour jeter une pierre à Abel, nous marchons. Nous vivions bien peinardement auprès de l'arbre et le serpent est venu susurrer des paroles doucereuses, puis le pourvoyeur de nourriture, l'agriculteur, s'est vu insulté dans ses offrandes de légumes qu'il avait mis tant d'amour et de sueur à produire ; alors il a voulu se venger du pasteur dont les bêtes mangeaient ses productions et, puni, a été chassé. Alors il a marché, tel le juif errant, il a marché jusqu'à aujourd'hui. De place en place il a édifié des cités pour se réfugier mais a toujours dû repartir et sa descendance, plus nombreuse que les étoiles, a peuplé la Terre.
Ce monde, monsieur Macron, nous l'avons construit, avec nos mains, notre sueur et notre sang. Pour lui, nous avons donné notre vie dans les guerres que les avides comme vous ont provoquées ; faisant mourir les pères, les frères et pleurer les enfants. Nous l'avons bâti en saignant la Terre pour votre profit, pris au piège de la nécessité ; du manouvrier au prolétaire ; nous n'avions que notre force de travail à proposer ; produisant de l'or pour les bénéfices que vous avez accumulés. Mais parce que la foule ne pense pas, vous avez parqué le troupeau et au lieu d'organiser un monde où chacun aurait selon ses besoins en fonction du disponible et participerait selon ses moyens, vous avez imposé votre loi sans âme. Et vous voulez aller plus loin, toujours davantage saigner les dernières entrailles disponibles de notre monde agonisant pour votre profit et surtout votre plaisir. Les transhumanistes qui vous poussent en avant se rêvent Éloïs, vous nous projetez Morlocks(1), diluant au vitriol l'homme dans un univers artificiel d'OGM, de créatures bioniques, de robots et de profits boursiers tandis que la main d’œuvre taillable et corvéable à merci continue de verser son sang dans les caniveaux pour faciliter l'accès au pétrole et aux minerais. Ceux qui n'en peuvent plus, fuyant sur des radeaux de fortune loués ou vendus par des pirates qui en réinjectent les profits dans les consortiums qui vous soutiennent et vous financent. Ces mêmes naufragés qui n'ont d'autre horizon, quand ils y survivent, que des parcs normalisés pour qu'ils n'aient pas trop l'air de camps de concentration. Naufragés qui sont autant de descendants de Caïn, comme nous, et servent de pâture à votre adversaire déclarée, mais avec qui vous finirez par vous allier dans une cohabitation de raison pour garde la mainmise et le contrôle. Puis ça nous fera un rentier à vie surpayé de plus à charge. Nous en avons déjà quatre, ce n'est pas assez.

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Nous n'avons face à votre slogan ironique que cet autre choix malodorant de la haine du prochain pour alternative idéologique ; parce qu'en ce qui concerne l'économique, il n'est nulle part question d'épargner la Terre, ni de répartir de manière équitable les profits d'un capitalisme sauvage qui prospère sur le gaspillage et l'inutile. A elle la ségrégation ethnique, à vous la ségrégation sociale générale.
Marine Le Pen, comme vous, exploite les peurs et les fantasmes d'un monde où « La tragédie est qu’il n’y ait plus d’êtres humains, mais d’étranges machines qui se cognent les unes contre les autres. » comme le disait si bien, il y a déjà quelques décennies, l’écrivain et cinéaste Pier Paolo Pasolini.
On exploite le filon d'or de la division en castes, classes et idéologies pour mieux régner et s'engraisser sur la sueur et sur le sang des martyrs, depuis des décennies. On essaie de nous faire croire qu'un maître sera meilleur qu'un autre. Les Allemands ont d’abord cru qu'Hitler était un homme de paix ; puis aveuglés et emprisonnés par la grégarité et l'effet de masse ils ont suivi...

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Ci-dessus, capture d'écran d'une publication relayée sur FB il y a un an jour pour jour. Les leaders sont des boutiquiers qui savent mieux que les autres retourner leur veste. Combien de gauchistes sont passés à l’extrême droite sous Pétain ? Laval le plus connu... Avant ça Aristide Briand fut anarchiste avant de se ranger dans une formation plus "présentable" ; Mussolini aussi, ailleurs, fut anarchiste... Plus près de nous on a vu l'inverse ; le plus connu Mitterrand, décoré de la Francisque et ancré très à droite, croix de feu, qui se recouvrit du manteau socialiste, sous le couvert duquel il fit fraternellement dynamiter le Rainbow Warrior ou, dans une débauche de moyens phénoménaux arrêta le nuage de Tchernobyl avec l'aide des petites mains d'Alain Madelin entre autres ; celui là même qui vous soutien aujourd'hui, monsieur Macron *;) Clin d’œil.
Tant que de pauvres bougres goberont les étiquettes pour définir les hommes, le clampin de base sera dupe. Ces gens là gèrent leur carrière au mieux de leurs intérêts du moment et du vent qui passe. La foi aux politichiens c'est juste de la croyance. Le croyant c'est vous, idiots utiles selon le mot de Lénine. Vous tirez les marrons du feu selon le mot de Trotsky (in "ma vie" son autobiographie). C'est ce qu'il disait, ce dernier, en particulier des nihilistes et de quelques autres, conscient qu'ensuite les bolcheviks ramasseraient la donne.
C'est à ce jeu-là que vous jouez monsieur Macron. Jouer sur la peur pour engranger des bénéfices.
Je ne marcherai pas pour cela Monsieur Macron, pas plus que je ne marcherai pour votre concurrente. Y'en a marre de ce système où tous les pouvoirs sont confiés à un seul homme sensé être omniscient et avoir compétence en toutes matières ; en tous domaines ; appuyé par des conseillers de l'ombre, que vous tout particulièrement, mais votre concurrente aussi, puisque ni l'un ni l'autre n'avez de maillage législatif, voulez mettre au gouvernement. Ces « membres de la société civile » qui sont, comme vous, les instruments de groupes financiers, de groupes industriels, de banques, d'intérêts privés.
Je ne marche plus dans ce jeu Monsieur.
Je marcherai certes, mais pas pour votre compte. Je serai debout, comme toujours, pour essayer de promouvoir un autre monde. Pas que je croie réussir, mais qui ne tente rien n'a rien.
Une société fraternelle, ouverte à tous, aidant les jeunes à devenir des citoyens à part entière où chacun aura sa place ; un partage équitable des richesses, un monde sans nucléaire, sans OGM... Où l'on s'apercevra enfin que le sang de chacun est rouge et ne doit pas être répandu en vain. Que chaque créature humaine est égale et promise à la même fin.
Cette société, ce n'est ni avec votre adversaire, ni avec vous que nous la construirons. C'est entre nous, sans cadre et sans parti, au travail, au café, au magasin, dans la rue, dans les rapports humains immédiats. Nous ne sommes pas nombreux ; mais nous sommes les gouttes qui useront la pierre du cœur de vous et vos pareils ; y compris celui de votre virago d'adversaire.
Il y a quelques anges sur Terre, y compris dans ma ville... J'en ai rencontré un ce matin. J'ai rarement vu autant de sollicitude que ce matin. Mais c'est une autre histoire... J'écris ça, mais au fait... Vous n'avez pas encore gagné, et vous êtes loin d'avoir une assemblée aux ordres... *;) Clin d’œil Non que la victoire de votre concurrente me réjouisse, non, mais pour une fois que Hollande a raison ; gagner cette élection n'est pas à la portée d'un amateur. Tous les matins je me réveille en disant : "Qu'on me dise que c'est un cauchemar ! Que je vais me réveiller !"...Dans ma misère, je n'ai rien à gagner et tout à perdre de l'un comme de l'autre ; mais je pense surtout à la patrie. Mais je suis bien conscient qu'en réalité, ce sont les hommes qu'il faut changer. Si vous et elle en êtes là, c'est que la peste est dans les esprit, bouffant les âmes... Et je repense à la prédiction de Marthe Robin, que respectait De Gaulle mais que la gauche raille sarcastique ; cette gauche qui nous a mené là : "La France tombera plus bas qu'aucune autre Nation"... Lorsque je l'ai lue, la première fois, il y a longtemps que j'avais eu mes premières visions qui allaient dans le même sens. Macron Président, ce sera le dernier fossoyeur, comme Le Pen présidente... Vous n'avez pas encore gagné Monsieur le marcheur virtuel, à mettre en regard de Monsieur Lasalle ; un marcheur lui, comme nous ; que les électeurs ont méprisé ; preuve encore une fois de ce qui anime les esprits. Ses idées, qui sentent un peu la lavande des armoires de ma mémé, valaient bien les vôtres, Monsieur.

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 (1) Allusion à la civilisation imaginaire dans « La Machine à explorer le temps » par H. G. Wells (1895 , maintes fois réédité depuis)
NDLR : ci-dessous, photo trouvée su FB ; le reste, en dehors de la capture d'écran, sont créations perso...

ANGE