Jacques Hamel_7On a qualifié de terroriste un crime sordide et crapuleux ; comme si une agression, un braquage, n’était pas, TOUJOURS, un passage sans fin de terreur. La confrontation à la mort est d'ailleurs aussi un moment de terreur ; surtout celle de l'autre d'ailleurs. J'avais 8 ans quand j'ai vu mourir pour la première fois un enfant sous mes yeux. Bref moment d’épouvante qui me poursuit encore aujourd'hui et m'a fait prendre conscience brutalement et trop tôt de la fragilité de la vie, avec tout ce que ça comporte de relativisation et de passion. Pas pire que mon dabe qui, en 42 je crois, est passé entre les balles d'un mitraillage aéro par miracle. Je pense aux enfants des guerres, toutes les guerres disséminées sur la planète ; que seront ces pauvres enfants ? Je suis assez bien placé, pour avoir vécu avec des rescapés de bombardements, pour savoir les traces que ça laisse...
On a qualifié de terroriste un crime sordide et crapuleux en donnant une dimension politique à un meurtre qui n'en n'a pas réellement. Cela autorise et justifie toutes sortes de libertés répressives de la part de nos pouvoirs, sans que vous mouftiez le moindre mot, de crainte de vous trouver incarcérés pour apologie, et pour les autres de jouir de l'illusion de sécurité ; telles des grenouilles dans une casserole.
Au temps du World Trade Center, nous avions comme acteurs et coupables, des soldats en quelques sortes ; les « kamikazes » étaient des troupes de choc recrutées pour le mépris de leurs propres vies, au nom d'une réelle idéologie et à son service dans le but d'atteindre de réels intérêts tout en terrorisant réellement la population. Stratégie stupide, puisque une nation attaquée qui a encore en son sein un peu de ressort, voit toujours se lever une réaction de résistance collective.
Dans le cas du Père Jacques ; endormi pour toujours ; et les autres crimes de la même veine, mais tout particulièrement celui-là ; nous avons à faire à des racailles abruties de fonds de caniveaux. Ramassis de paumés en quête de sens et transpirant la haine par tous les pores ; des porcs qui n'ont de musulmans que le nom qu'on leur donne et pas plus religieux que je ne suis général.
Ils se raccrochent à une idée perverse à la mode aussi éloignée de la Religion que l'étaient les idées d'Action Directe des vues du Président Mao ou de Trotsky.
C'est de cela que Jacques Hamel est victime : une criminalité insidieuse qui ronge la société et accouche de toutes sortes de déviances, dont celle-ci qui sert le pouvoir beaucoup plus qu'il ne le dessert, au prix de larmes et de souffrances d'innocents qui ne s'en remettront jamais, morts ou témoins traumatisés.
On a refroidi les coupables sans nécessité absolue ; des bastos dans les rotules eût suffit ; leur donnant l'occasion de mourir comme ils le souhaitaient ; les justifiants aux yeux de leurs imitateurs éventuels ; et leur permettant ainsi d'échapper à notre justice ! La viande froide, ça ne cause pas. On ne pourra jamais démonter publiquement leurs motivations et montrer qu'il n'y avait pas de réels commanditaires, si ce n'est l'idée qu'ils se faisaient de la réalité.
C'est de cela que Jacques Hamel est victime ; cette division des hommes au nom de l'orgueil, du mépris, de l'aveuglement, et qu'il combattait opiniâtrement par la foi et la non violence, essayant malgré sa retraite, de continuer à rapprocher les hommes au delà des idées, des origines, des convictions. Cherchant ce qui rassemble plutôt que ce qui divise ; le PGCD de l'humanité souffrante où chaque humain porte son fardeau de douleur seul. Il avait bien compris le sens du Christ : ce n'est jamais que l'homme souffrant ; à fortiori lorsque différent.
En le tuant, ces abrutis ont fait du Père Jacques un Christ ; c'est en cela qu'il est saint. Non pas espérer ou non en l'au delà ; c'est déjà diviser ; mais essayer de soulager la souffrance et la division ici et maintenant. C'est de cela qu'il est mort Jacques. Et puisque les saints sont en réalité des modèles que l’Église donne à l'humanité ; puisse-t-elle nous donner celui-là et l'humanité le comprendre.

aureole-j2k