esclave 2017_electionUne chose dont j'ai horreur ; qu'on juge une affaire sur la place publique, en marge de la justice effective, à coup de propagande plus ou moins falsifiée parce que partisane.
Je n'aurais pas voté Fillon ; ça c'est clair. Mais la charge médiatique commence à peser, et vous voir braire avec le troupeau me pèse de plus en plus.
Vous vous fiez au Canard enchaîné. Qui est derrière ? Qui l'a alimenté ? A Envoyé Spécial qui n'est qu'un relais du pouvoir parce que service public. En matière d'écologie par exemple ; qui est mon domaine de prédilection ; j'ai vu France 2 affirmer des conneries grosses comme eux, et tout récemment en plus ! Pourquoi ne feraient-ils pas la même chose en politique ?
Une bande son, qui date un peu qui plus est, c'est facile à trafiquer pour lui faire dire ce qu'on veux. Je sais faire, donc c'est à la portée du premier imbécile venu. Ensuite y'a l'éclairage qu'on lui apporte et qui oriente l'esprit du spectateur.
En ce qui me concerne, je ne pige pas où est le mal d'employer les membres de sa famille. N'importe quelle petite entreprise fait ça ! Mon père l'a fait avec moi... Vous allez vous récrier que le niveau de salaire n'est pas le même... Ça c'est une convention en fonction du travail effectif et des moyens de l'employeur de grès à grès. Médiapart a par ailleurs souligné que pléthore de membres de familles d'élus avaient bossés pour leur parent. C'est donc normal et logique de toute façon.
Quand je grenouillais dans le syndicalisme, j'en ai vu de vrais emplois fictifs. Des délégués qui passaient leur vie à la permanence à rien foutre, jouer aux cartes, boire des bières... De cela personne ne parle ! Le travail de Pénélope, à mon avis, devait s'inscrire dans des services machinalement rendus qu'elle considérait sans doute comme secondaires ; et lui a vu là un moyen de gagner un peu plus. Ça ne va pas plus loin que ça.
La tempête médiatique est agitée pour casser un candidat trop bien placé dans une primaire qui a beaucoup mobilisé ; plus que la gauche. Je n'y ai pas participé, ni à celle de gauche, parce que je n'aime pas cette méthode censitaire. Néanmoins, elle était l'expression de l'opinion du peuple, d'une partie du peuple, et nous offrait un candidat qui pouvait freiner les délires rétrogrades du FN.
Vous délirez avec ce dernier sur une sortie de l'Euro, croyant dur comme fer qu'il est la cause de vos misères, sans réaliser que le Franc ne vaux plus rien ; et vous axez vos analyses sur les coûts des objets sans voir que les salaires aussi ont progressé. Moi qui tient des carnets de compte au jour le jour ; même une petite boite d’allumettes est écrite dans un cahier ; depuis près de trente ans, je puis vous dire que l'écart n'est pas aussi grand. Ce qui a creusé l'écart c'est le genre de vie. Y'a trente piges, pas de GSM, ni de PC par exemple. Y'a trente piges je bossais, maintenant j'ai pas une thune, mais si je reporte à quelqu'un de « normal », je constate que les gens gaspillent beaucoup plus aujourd'hui. Je biffais occasionnellement à l'époque ; mais maintenant c'est aussi redevenu occasionnel que je ne peux plus me traîner. La comparaison tient la route. D’autant plus la route que j'habitais à l'époque un quartier aisé. La résidence a changé de nom, mais pas la clinique juste à côté (les Fontaines à Melun). Je puis comparer ce que je dénichais dans le quartier. Même si, j'ai quelques coups mémorables. Je me souviens de ce we passé à faire la lessive de 200 assiettes que j'ai filé à une œuvre caritative par exemple... Mais au contraire de maintenant, je ne ramassais pas une bricole à la moindre sortie.
Fillon, j'aurais pas voté pour lui, mais je pige pas cette tempête. Je le respectais néanmoins parce qu'il avait le courage de ses convictions chrétiennes ; ce qui n'est pas facile de nos jours ! Sauf que, quand tu prends Jésus pour modèle ; tu piques pas dans la caisse ! Quand tu prends Jésus pour modèle, tu instruis à charge contre les marchands du Temple et file à becqueter aux pauvres. Tu te dresses debout, seul si nécessaire, face aux hystériques qui veulent lapider la femme adultère !

Capture cartes

Et Fillon, là, c'est pas ce qu'il a l'air de faire. Mieux, lui qui avait tous les atouts, semble jouer contre son camps ! Et là je pige plus, je vous le dis aussi net. A moins qu'il espère être blanchi et faire revirer l'opinion ? Un mec de cet âge, avec son expérience, aussi naïf ??? Ça craint !
Je le respectais aussi parce qu'il n'avait pas, comme tant d'autres, un ramassis de cochonnes dans ses placards. Ça semblait un type fidèle.
Reconnaître les qualités d'un adversaire est la première marche vers la sagesse.
Mais là je suis déboussolé et écœuré.
A quoi ça rime ce cirque ?
Rendre nul le résultat de la primaire ? Un bras d'honneur aux électeurs ? Offrir un boulevard à Le Pen ?
Ou bien cela va-t-il plus loin ? Sommes-nous certains qu'elles vont se tenir ces élections ?
N'importe comment, nous fonçons droit vers le triangle des Bermudes.
Je suis consterné par la marche des événements et on nous prépare des lendemains de merde.
Les démagogues concurrents ne sont pas plus fiables, de par leurs projets irréalistes, que le champion lapidé. Deux ou trois attentats par là dessus et on est mûrs pour la dictature. Une sortie de l'Euro, de l'Europe voire, et on est bon pour être tiers-mondisés ; à dire vrai on y est déjà, mais ça se voit pas à coups des comptes falsifiés que permet l'Euro justement. Votre niveau de vie plongera vers l'abîme aussitôt le pas franchi ; nous ne sommes pas l'Angleterre. Nous avons une tradition d’État palliant partiellement les difficultés sociales qu'ils n'ont pas. Ça change beaucoup de choses.
Mais bon, ça m'éloigne de mon sujet. A quoi joue Fillon ? Hein ? Scier la branche sur laquelle il est assis ? Gagner à un poil de cul près grâce aux effarouchés genre 2002 ? Cela ne ferait que préparer des lendemains de troubles sociaux majeurs, genre Roumanie ces jours ci ou pire... Bizarre, vous avez dit Zarbi ? Fillon piège à cons ? Ou Blanche neige et les sept mercenaires ? Ou les sept salopards ? Faudrait savoir... Cap sur le triangle des Bermudes. Y'a longtemps que je pressentais un patacaisse. On y est. EN PIRE.

pommes