RIDEAU 2017 2Avant hier et hier je pétais le feu ! Jusque vers 19 h hier soir..; Après je me suis mis à geler de l'intérieur (faisait pas froid dans la turne pourtant) et ce matin, complètement ko ; je dors debout. Y'a plus rien à comprendre. Par contre j'ai quasi pas mal. Alors l'un dans l'autre...

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De toute façon, pour ce que ce monde est enthousiasmant... Vous le savez peut-être, ma capacité à m'identifier malgré moi à la souffrance même lointaine... Je peux pas même penser aux guerres sans être assailli d'images intérieures et de ressenti. Les balles d'Alep, ou de Mossoul, pour ne parler que des plus connues, me transpercent. Je les sens comme si c'était moi qui les recevaient... Qu'on tue un bébé et je sens, par exemple, la lame du couteau... Forcément après ça, mes propres douleurs passent à l'arrière plan. Je voulais le dire avant de mourir, parce que je suis tellement malade que forcément la carcasse aura le dessous. Mais qu'importe ? Bizarrement, ce sont les croyants (les autres) qui craignent le plus la mort. Pas moi. C'est la souffrance.
Je suis un féru d'Histoire, et quand je déroule le fil, je vois que l'humanité n'est que cela : souffrance. Infligée, reçue, généreusement. Pour un bienfait, mille exactions. Non, notre époque n'est pas pire, elle a juste les moyens techniques que n'avaient pas les anciens.

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Je ne comprends pas tous ces hommes qui veulent faire le bonheur des autres malgré eux ! De gré ou de force ! Régner sur eux par n'importe quel moyen. Façonner le monde à leur image et ramener à eux tout ce qui gravite autour. Forcer la main du prochain parce qu'on est persuadé que c'est ça qu'il lui faut, sans lui demander son avis. Cela vaut pour les politiques ou les États ; mais cela se pratique à l'échelle de l'individu lambda. Combien qui se sont imaginés connaître mieux ce qui me convenait que moi ? Combien, qui ne me connaissent que de loin, s'imaginent tout savoir alors même que ma chérie, qui vit ma vie minute par minute, trouve encore le moyen d'être surprise ?
Qu'après ça, à l'échelle de l'humanité, l’incompréhension règne ; ça n'a rien d'étonnant.
Contrairement à ce que vous pensez, ce n'est pas notre part humaine ; sauf l'orgueil ; qui s'exprime ainsi. C'est notre part animale. Il est très moderne de croire les animaux innocents et « purs » au sens biblique du terme ; y compris de la part des athées ; ou rousseauiste, c'est pareil.
Les animaux n'ont pas notre gamme de sentiments ; c'est du pur anthropomorphisme égocentrique que de considérer cela. Ils n'ont pas non plus notre gamme de raisonnements et de projection.
Ils ne sont pas cruels au sens où nous le sommes en ce qu'ils ne le projettent pas dans l'action de façon planifiée. Mais ils seraient tout aussi dangereux pour eux mêmes que nous si ils avaient des membres préhensiles usant de moyens techniques.
Quand j'ai l'air de défendre les animaux, ce n'est pas cela que je fais ; c'est juste la biodiversité qui fait la richesse et l'équilibre de la vie, unique sous cette forme, que j'entends perpétuer.
C'est pas parti pour mais, bon, quand on est convaincu d'une nécessité, on s'y accroche.

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On m'a fait rire hier ou avant-hier, je ne sais plus, quand on nous a annoncé un nouveau système planétaire soi-disant semblable au notre. On vous raconte que la lune est verte et vous le croyez ! Alors même qu'elle est jaune sous votre nez à son lever. Et encore ne s'agit-il que d'une illusion d'optique.
Ce système a une étoile rouge ! Une naine ! Forcément les rayonnements, la température, sont différents. Alors les planètes qui en dépendent ont forcément évolué différemment ! De toute façon on ne sait déjà pas trop ce qui se passe « tout près » ; Saturne par exemple, alors me bonnir qu'on apréhende les conditions physiques à 40 années lumière, c'est pas très sérieux.
Les animaux, les hommes, terriens, sont le pur produit de la Terre. Nous sommes composés des mêmes éléments, dans les mêmes proportions. Le même pourcentage d'eau aussi. Par conséquent nous sommes non seulement de purs produits terrestres, mais juste une couche infinitésimale à la surface, partie intégrante, évolutive et mobile comme les bactéries et les cellules à la surface de notre peau. Couche qui ne vivrait pas sans le système global qui la porte et dont elle fait partie intégrante.
Vouloir adapter l'homme ailleurs suppose des palliatifs techniques considérables, et à terme une transformation physique, une mutation, pour n'être pas détruit comme un corps étranger.
Un corps n'est qu'une forme transitoire appelée à se désorganiser pour que les éléments poursuive leur course intégré à d'autres partie du Tout.
Pour l'homme, cela se fait dans la souffrance parce que nous sommes des systèmes pensants et conscients.

Djalâl Ud-Dîn-Rûmi


Mais qu'est-ce que la conscience ? Si vous parlez plusieurs langues, vous vous apercevrez en vivant à l'étranger, que vous pouvez penser dans plusieurs langues. La conscience se place donc au delà du savoir et des conditionnements. Elle est attention muette agissant à travers les outils du corps. Le cerveau, les organes, les cellules. Corps transitoire appelé à se dissocier, n'en déplaise aux transhumanistes. Ces idiots qui s'imaginent, par la technique, réaliser ce que les grimoires affirment des alchymistes, à savoir accéder à l'immortalité. Ils n'ont pas pigé que par « élixir de longue vie », les expérimentateurs de l'hermétisme ; les vrais, pas les brasseurs de vent ; entendaient « essence de toute chose »... Cette essence qui est la véritable source de conscience dont vous êtes en quelque sorte le récepteur radio ; comme un poste de TV reçoit un flux d'ondes. Comme un PC transforme l'électricité en 0 et 1 qu'il traduit en images, sons, textes...
C'est pour ça aussi que la mort ne m'effraie pas. La douleur de la perte d'un être cher vient de l'amour de soi finalement. C'est la privation d'une part de son propre univers qui nous pousse à la souffrance. Parce qu'on voudrait notre bulle personnelle stable, comme un cocon affranchi de l'univers. Manière dont l'humanité regarde la réalité depuis des éternités. Vouloir plier la réalité à son propre confort.
Je n'y ai pas échappé, rassurez vous. D'ailleurs aujourd'hui 25 février est jour de deuil pour moi.Ce n'est qu'aujourd'hui que je prends vraiment conscience de ma place insignifiante dans la réalité.
Dans la lutte écologique qui fut de mes motivations principales de vivre ; sans motivations la vie n'a aucun sens, elle est vide ; la plupart des compagnons parlent « d'environnement » ; comme si nous étions distincts de l'univers alors que nous n'en somme qu'une particule infime.
Je puis faire mienne cette maxime ramassée je ne sais plus où : « Je ne défends pas la nature, je suis la nature qui se défends » ; ou plus exactement une parcelle infime de la nature en lutte. Une goutte d'eau qui trace son sillon et sera suivi d'autres qui peu à peu useront la pierre. Comme un voile de gaze réduit une montagne de bronze en poussière par le frottement de son balancement répété.
Je n'étais qu'une goutte d'eau.. ; j'aurais pu tout aussi bien n'être pas là, une autre aurait emprunté le chemin, avec sans doute des conséquences différentes. Dans l'absolu c'est sans importance.
Je suis un dégâts collatéral de l'histoire du monde ; mon sort est incontestablement indissociable de l'Histoire au sens le plus large. Comme beaucoup, beaucoup de gens, sans la WWII par exemple, jamais mes géniteurs ne se seraient rencontrés... Mais aussi sans les guerres de Vendée qui n'auraient pas eues lieu sans la Révolution qui n'a existé qu'en raison de la haine que cultivaient les intellectuels avec l'essor des bases du capitalisme. On peut aller loin comme ça...
Finalement vous voyez, que j'existe ou pas, ça n'a pas grande importance.

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On m'a téléphoné pour me dire que tout allait changer pour moi et que ça serait mieux maintenant. Dans quel sens ? Je ne suis ni bien ni mal, je souffre parce que malade et pauvre, voire nécessiteux vivant au dessous du seuil de pauvreté. Nous sommes des millions ainsi. Changer ? Dans quel sens ? Jusqu'à mon dernier souffle conscient je resterais la nature qui se défends ; l'humanité en refus de la guerre etc... C'est pas à 60 piges que je vais m'intégrer ! Y'a des années que je vis de moyens marginaux, plus ou moins. Des années, et même des décennies que je traîne une santé précaire,perclus de souffrances que j'ai affronté tant que je le savais possible. Tant que je ne le croyais pas irréversible. Je ne vais pas, à 60 balais, dénicher un job royal qui me permettrait d'allonger les milliers d'euros nécessaires à mon changement de domicile ; ne serais-ce que ça, et l'équiper de manière habitable. Dans un monde où on se fiche royalement des capacités et aspirations du pauvre bougre de base qu'on collera n'importe où du moment qu'il fait quelque chose, accessoirement nuisible écologiquement et/ou socialement, lui faisant payer les frasques et dettes de nos élites.
Tout ce que je peux faire c'est ce que je fais : vivre à l'heure-l'heure. Hier matin j'étais bien, le soir j'étais mal, ce matin je roupille debout. Demain ? On verra bien... Même si je sais...

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La misère et la maladie sont un même tonneau des Danaïdes où il ne faut pas tomber.

Le pot commun.fr : #SOS SURVIE

La vie n'est plus qu'une corvée et la mort serait finalement un soulagement. Depuis le 24 novembre, deux mois après le lancement de cet appel, tout espoir d'en sortir par nos propres forces s'est envolé.Nous avons survécu à l'hiver judiciaire au prix de découvert, de manche et de récup' .

https://www.lepotcommun.fr

On est dedans, comme plein de gens.
Non, ma vie ne changera pas maintenant ; en bien je veux dire. Si quelque chose avait dû se produire, ce serait fait depuis longtemps. La route est scellée.
J'ai gardé ma tête là où tous les autres l'auraient perdue, comme invitait à le faire Rudyard Kipling. J'ai survécu là où tous ceux que j'ai connus n'auraient pas survécus. Toujours poussé en avant comme le juif errant de Eugène Sue par des gens bardés des meilleures intentions du monde, persuadés de bien faire et imbus de leur godasses qu'il auraient aimé qu'on leur cire, à plat ventre comme un mahométan vénère la Mecque. Mais ce ne sont que des mecs (ou gonzesses), aussi pitoyables que moi, pas plus détenteur de la Vérité, mais inconscients de leur minabilité.
Rideau.

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