ETOILE FILANTE we 2C'est l'Avent ; ça ne veut plus rien dire pour la plupart des gens, sauf pour les croyants, et encore un certain nombre ont une vision approximative de la chose. Une petite carte internet qu'on m'a envoyée témoigne de la naïveté de certain(e)s qui croient que Dieu va se mettre à mon service. Elle dit : « je vais prier Dieu de ma faire gagner à un jeu de tirage et je vous promets que je vous donnerai de quoi vous tirer d'affaire jusqu'à la fin de vos jours. Vous serez alors bien obligé de voir que Dieu existe et qu'Il vous aime ... » ; bon c'est gentil, mais elle oublie que j'ai pas trop les moyens de jouer un Loto ! Et puis tant qu'à faire j'aimerais autant retrouver la santé... A quoi me servira de crever plein de pognon ? Si, c'est vrai, ça servira à ma veuve, elle finira ses jours au chaud. Mais, bon, la prière bouton poussoir, j'y crois pas vraiment.
J'ai vu des miracles, je l'ai déjà dit, mais à chaque fois c'était une grosse surprise quant au résultat par rapport à l'intention.
Si c'était un bouton poussoir de distributeur automatique, à Lourdes y'aurait autant de miracles que de visiteurs ; au moins de visiteurs fervents ; hors y'a quoi ? 70 miracles reconnus pour 158 ans, soit pas un demi par an... Bon, bien sûr, y'en a sans doute un peu plus. Tous ceux refusés par la commission épiscopales dont les critères paraissent d'ailleurs trop sévères aux derniers papes. Certains en étaient sans doute, réellement. Pis les gens comme moi, qui n'ont pas eu envie de se faire cuisiner, d'être une chose bizarre parce qu'ils l'étaient déjà trop dans leur vie par leur différence quelle qu'elle soit. M'enfin bon, ça fait plutôt restreint hein ?
Et pourquoi Dieu s'intéresserait-il à ma pomme en ce moment alors qu'il y a tous les marmots qui clabotent ou sont esquintés physiquement, moralement ou les deux, dans vos guerres et vos exploitations honteuses ? Pourquoi Dieu se soucierait-il de ma pomme plutôt que des pauvres ritals qui ont tout perdus ces temps derniers ? Hein ?
L'Avent pour nous cette année, c'est un peu comme il y a deux ans : « avant qu'il n'y ai plus d'après ». Je me lève le matin en ne sachant pas trop dans quel état je serai le soir... C'est assez bizarre d'ailleurs. Je me sens débranché et j'ai plus envie de rien tant je me sens désarmé. Pas en état physique d'initier des projets à long ou même moyen terme, comme un piaf sur la branche et avec la quasi certitude d'être à la cloche de bois dans pas longtemps, et la peur bleue non pas de mourir ; c'est pas pire que le coma et j'en ai vécu plusieurs en près de 60 piges ; mais de tomber aux mains des toubibs dont j'ai trop bien vu ce qu'ont vécu avec eux de nombreux potes ou parents... La première personne que j'ai vue mourir sous mes yeux, d'accident, j'avais huit ans, mais mon premier deuil j'en avais trois !! De maladie. Mon arrière grand mère qui m'adorait. Seulement elle, ça s'est passé paisiblement, chez elle et dans son lit. Ma grand mère, quelques années plus tard, et une voisine à peu près à la même époque, ont souffert le martyr avec des aller retour à l'hosto. Papa itou il y a une dizaine d'années... J'ai vu ses derniers instants de conscience avant qu'il ne puisse plus communiquer du tout mais continuer à se tordre de douleur.
Alors quand des naïfs me prétendent qu'ils sont guéris alors qu'ils prennent des brouettes de médocs à longueur de jours, je souris de pitié. Ils croient ce qu'on leur fait gober. Un corps en bonne santé, ça ne prends pas de barbituriques !
Que j'ai choisi une autre voie ne plaît pas. Qu'est-ce que c'est que ce salaud de pauvre qui se permet de tendre la paluche alors qu'il devrait ramper aux pieds des gentils serviteurs de Monsanto et Bayer ? Les deux plus grands pollueurs de la planète ? Il devrait remercier à genoux. C'est pas une urgence, hein, que de choisir sa mort ?
Hé bien si, je resterai maître à bord tant que je pourrai. Vous ne voulez pas me tendre la paluche, tant pis ! Je choisirai de vivre ou mourir suivant comment notre dégringolade sera plus ou moins catastrophique.
C'est l'Avent, mais en ce qui me concerne c'est l'avant absence, l'avant rien, l'avant rue, l'avant mort... Et le plus chagrin de tout : ma chérie qui va se retrouver seule et désargentée parce que vous n'avez pas voulu répondre à mon appel.  Mais aussi j'étais pestiféré bien avant ça, et que beaucoup se sont acharnés sur elle  parce que ça pue un franc-tireur. Vous donnerez du pognon à des bonimenteurs politiques qui ne manquent de rien, mais pas deux balles à des malheureux... Les primaires censitaires sont la plus belle fumisterie qu'on aie inventé ces dernières années.
J'en ai marre de tous ceux qui se gargarisent de platitudes et poncifs qui se veulent hautement généreux ou compassionnels mais ne bougeront en réalité pas le petit doigt pour qui que ce soit.
Ça me rappelle cette scène épique d'un militant Trotskyste ; il y a une trentaine d'années ; qui faisait la morale à une mendiante, à Vierzon. Il la traitait de « traître à la classe ouvrière ». La pauvre dame entravait que d'chi à son discours, déjà qu'elle maîtrisait mal le français. Je suis arrivé, j'ai filé une poignée de pièces, et du coup, c'est ma pomme qui ai pris l'engueulade.
Beaucoup de croyants sont de la même veine ! Ce n'est pas la référence dont on se réclame qui compte, c'est comment on l'utilise. Et cela est l’expression de la nature profonde de la personne.
Ma nature a toujours été sauvage. Je ne suis ni de droite, ni de gauche, je suis du parti de la nature. Et la nature elle est comme moi : foutue ou presque. Vous êtes les artisans de sa fin.

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