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5 décembre 2013

Avant de vous dire adieu (suite)

aout1959

Août 1959, mes souvenirs remontent jusque là et même au-delà. Quand je vous dis que je suis "différent" ? C'est pas toujours facile à vivre. Le petit bonhomme là, je l'ai sorti d'une photo de mariage. Vous n'imaginez pas combien, pour un petit mimou habitué à sa tranquille routine solitaire, être confronté à des moeurs étranges, des gens inconnus et des aventures inhabituelles ça peut être une épreuve. Mes parents étaient restés tard au repas et moi je ne supportais plus. Ils m'avaient fait un petit lit à l'arrière de la Juva... Ils ont toujours cru que j'avais dormi mais je n'ai pas dormi. Tout cela était si étrange ; perdu si loin de mon toutou, mes cocottes, les fleurs et mon nounours. La voiture à papa d'accord mais dans un lieu inconnu. Et pourtant j'avais eu le courage tout seul, de faire pipi dehors, mais pas bien loin *:) Heureux Ils sont revenus croyants que je dormais profondément alors que je faisais semblant. Je ne voulais pas leur faire de peine ; déjà bien assez que je n'avais pas voulu tenir la main de mes "cavalières" désignées d'office et parfaitement inconnues ;  ni leur dire que je n'étais qu'à moitié rassuré mais finalement moins effrayé qu'au mitan de tous ces gueulards. Parce qu'une noce ça gueule, ça crie, ça s'agite... enfin dans ce cas là c'était ça... Le ronron rassurant du moteur m'a rassuré, je me suis endormi. La toto je la savais solide puisqu'on est revenu de la tempête de l'Ile Madame avec, pris par la marée haute sur la route que recouvre la mer à ce moment là, et qu'on s'en était sortis. Ca remonte à un temps où je ne savais pas encore la mort... Ca n'allait plus tarder, encore quelques mois, pas plus (Bien avant que je ne voie mon premier mort à 8 ans, j'ai eu des deuils où l'absence avait quelque chose d'irréversible ; on a beau dissimuler le petiot il s'en rends compte dans un milieu assez fermé et restreint). Déjà j'observais, à l'affut de tout, me méfiant des pièges... J'essayais déjà de comprendre et ne comprenais pas toujours. L'immédiateté gérait le quotidien. Si j'avais su... Je ne savais pas mais je pressentais déjà tout le trollisme du monde extérieur à mon petit cocon. La vie m'a conforté dans cette intime conviction de la méchanceté de l'homme, fondamentalement et à l'encontre des rêves opiacés d'un Rousseau. Je viens encore de me faire prendre à partie parce que je mettais en cause une légende urbaine. Une de celles qui sous-tendent les forces de sape à l'oeuvre en ce moment et qui vont plonger les masses dans un grand chaos délirant au point qu'il faudra l'armée pour ramener un semblant d'ordre très bientôt, comme je l'avais pressenti dès 1998. Votre bouc émissaire sera sacrifié sur l'autel de l'idiotie. D'accord il n'est pas doué, il a pondu des inepties ; les plus grosses étant celles que vous gobez le plus sans moufter ; mais ce n'est pas lui qui a pondu un monde qu'on a mis cinquante ans à accoucher. C'est aussi cet état d'esprit simpliste des promesses de grands soirs illusoires pour accoucher de petits matins verts de gris qui me fichent le bourdon. Quelle place pourrais-je trouver là-dedans ? Je ne suis d'acord avec personne, et surtout pas avec la haine et l'opportunisme qu'ils fussent de gauche ou de droite.

bougie-photophore


Je cherche au fond de moi une petite flamèche pour embraser la vieille carcasse et réduire en cendres ses dernières illusions. Mais le soubressaut est impossible. Il faudrait un miracle. Déjà on nous ferme les portes pour dissidence et indépendance d'esprit. Parce que nous ne sommes pas soluble dans la soupe mièvre et branchée, on nous condamne à la misère. "Soupe mièvre et branchée" ? Oui, imaginez qu'ici ; je ne sais pas si ça se fait ailleurs ; il est des restos et des bars où, quand on prends votre commande, on exige votre prénom... Un peu fort de café c'est le cas de le dire. Le principe de vous imposer des familiarités et vous vouer aux gémonies est une règle d'office à Niort. Il est temps, grand temps que je règle nos comptes puisque dès à présent nous sommes privés de tout (et ne venez pas me donner de "conseils". Je connais mieux la situation que vous). Vous imposer des familiarités dans un troquet ou un boui boui que l'on ne sait pas si on va aprécier la serveuse, le serveur, ou la tortore, ou la déco, alors qu'on débarque pour la première fois, je trouve ça osé. Ceci dit je l'ai lu dans le journal ; on n'a pas les moyens d'y aller ; eux trouvaient ça bien, pas nous. Qu'avec les années on arrive, quand on est un habitué, à être pote avec le loufiat, c'est normal. Ca serait même con, quand ça fait dix piges que le mec il prend son caouah sur le même tabouret à la même heure qu'à la fin y'ait pas connivence tout de même ! Mais quand on t'l'enfile dans la prostate à sec sans te laisser le choix c'est gonflé ! Mais on sait qu'en ville dite socialiste, la prostate, ça doit avoir la cote ; c'est bien plus important que les problèmes des restes du monde puisque la presse nous en a pissé une pendule alors même que y'a plus de problème (enfin, j'ai lu que les titres je vous dirais). Si j'ai évoqué cette histoire de bistrot, c'est pour souligner que c'est général la soumission au conformisme et qu'il ne faut pas s'étonner des vacheries dont on a été l'objet. Ma chérie a autrefois commis l'erreur de familiariser au travail. Elle l'a payé très cher. Alors maintenant, depuis des années, c'est refus de faire la bise tant qu'on n'est pas définitivement lié avec quelqu'un depuis longtemps. On serre la pogne point. Ca ne plait pas. Il y a 3 ans elle a été virée après 21 mois de service pour avoir refusé de faire la bise et de tutoyer y compris le chef de service. Elle était d'autant plus réticente qu'elle entrevoyait des histoires plus grivoises entre membres du personnel et certains dans la hiérarchie et ça ne se passait sans doute pas toujours bien. Parce qu'on s'embrasse par devant et on s'encule (au sens figuré au moins) par derrière ! Qu'est-ce qu'ils peuvent s'asaisonner nom de Dieu ! On fait la bise et dès qu'il/elle a le dos tourné c'est un/une salope, fouille-merde et j'en passe. Pas de ça coco ! Ma chérie dans le taf elle considère qu'elle vend sa force de travail, pas ses familiarités. Elle vient de se faire un stage AFPA... Même cuisine. Elle voulait bien tutoyer les gars, mais pas faire la bise. Mal vu, voire condamné. Ca fait douche écossaise avec l'autre gonzesse de la session qui elle, étale ses parties de jambes en l'air en public ; claironne ses pipes et levrettes. J'aurais dû attendre que ça soit complètement terminé (le 20 - du coup elle touchera même pas un mois entier) pour en parler, mais je ne suis pas certain d'avoir un ordinateur après, et non plus que le courage d'écrire. C'est que c'est bien précaire. Y'a pas que le fric : les facebookiens qui ont prêté attention savent qu'il y a eu en novembre un gros crash sur mon PC : plus de config.sys, leur ai montré la photo, la panne fatale. Je l'ai sauvé et sans disque de restore... Mais c'est précaire.
Et s'il y avait que des questions matérielles ou de bisouillerie... Il y a la ségrégation sociale et raciale, omniprésente. Les conneries du web sur le sujet sont en dessous de ce qu'on peut entendre partout ici. Notre maire s'affolait d'une rumeur relative au 9-3 comme ils disent... Mais la pauvre, en dépit qu'elle fasse le marché à pied et essaie d'avoir un contact avec la population, elle n'a pas pris la mesure des choses !! La rumeur c'est juste le sommet de la partie visible de l'iceberg. Mais les gens ne lui diront jamais en face, en raison même du caractère faux-cul que je mettais plus haut en évidence. Ce qui est vrai dans l'entreprise est vrai dans la rue : par devant j'te fais la bise t'es mon copain ou ma copine, par derrière t'es une salope, une merde etc (je l'ai entendu, y compris à propos de mme le Maire ! Loin de moi l'idée de la traiter ainsi, je sais qu'elle a des bons cotés puisque on s'est retrouvé sur des luttes communes alors que je suis pas socialo du tout, et pas nécessairement d'accord avec toutes ses options, d'ailleurs j'suis rien politiquement... même pas anar puisque pas athée). Si j'ajoute l'ambiance générale où les vélos t'engueulent parce que les trottoirs sont fait pour rouler dessus ici et que le piéton n'a qu'à fermer sa gueule, ou la came et l'alcool sont omniprésents et les chiens en vrac comme dans une cour de ferme (avec des maitres dont le taux de sang dans l'alcool doit être à l'état de traces), ou le code de la route est tiré à la loterie chaque matin, quand ce n'est pas deux fois par jour... Où on peut pas faire trente centimètres sans voir une merde par terre... Y'a pas que notre situation désespérée qui me fout le blues. C'est l'ambiance générale. En prime le pays et le monde sont à l'avenant avec leur spécificités. Seulement être en immersion dans un bocal très représentatif de la météo sociale c'est encore plus dur à vivre et supporter. Ouais parce que faut pas se biler, même quand t'es plein aux as, si t'es pas dans le moule t'es une merde. J'ai eu un pote autrefois comme ça, il est mort à présent. Il était médium avec cabinet pignon sur rue. Il a fini à l'hosto un jour qu'il était à la dernière extrémité... Il me l'a dit : traité comme un clébard parce qu'il n'était pas conforme au moule. Ici à Niort, tout à fait. 

 

Calque_moine 3

Alors c'est simple : tirer la langue dans un contexte mortifère après s'être battus pour sortir de la galère ; avoir connu des années sinon fastes, du moins acceptables, pour y retomber ne nous dit rien qui vaille. D'autant qu'entre temps, la ville a pris des dorures, on a ravalé le centre et quelques autres endroits, mais l'ambiance, elle, ne s'est pas améliorée loin s'en faut ! L'insécurité, la morgue et la zone se sont agravés. La misère aussi. Les assos caritatives ne fournissent plus... Et nous, en plus, on peut pas manger n'importe quoi pour raison santé. Ma moitié un chouïa moins que ma pomme m'enfin bon... C'est pas le top du top comme on dit aujourd'hui. Pendant des années un ange (je n'ai pas d'autres mot compréhenssible sous la main) a veillé sur moi. Je suis multi-rescapé de la mort qui en soi n'est pas dramatique, mais j'aurais pu avoir bien plus de séquelles que je n'en n'ai. A voir comment, avec juste un vulgaire CEP obsolète j'ai réussi à maitriser les techniques modernes de communication, tout seul, sans aide, on peut à bon droit dire qu'à défaut d'avoir toute ma tête (puisque nombre de niortais me tiennent pour débile ) je ne suis pas trop branque tout de même, non ? Il n'y a pas qu'au niveau de la santé que ma vie est un étal de miracles... Seul ou avec ma moitié, j'ai vécu de véritables prodiges qui défient les lois de la physique comme celles de la raison. Tout ça pourquoi ? Tout ça pour ça ? La misère, la faim, le froid et la maladie ? Franchement ça rime à quoi ? Si on ne trouve pas une porte de sortie rapidement on risque fort de choisir l'utime... Même ma moitié commence sérieusement à y penser. Elle me l'a dit : "- Se trainer à leurs pieds, il n'en n'est pas question"... Alors ? Hé bien vous verrez bien puisque vous n'en n'avez pas grand chose à foutre à deux ou trois près. N'empêche, nous ne sommes pas de votre monde et il est bien ridicule votre monde. La preuve ? Vu l'étendue de mon "réseau social", si chacun avait mis 3 € seulement sur mon Paypal, en soutien ; c'est pas bézef trois balles ; tous nos problèmes matériels seraient résolus pour un an ! Et c'est là que je souligne le ridicule de votre monde centré sur ces réseaux qu'on juge indispensables aujourd'hui et qui font la nuit et le jour ; même la presse est à leur remorque ; parce que les membres d'une même TL sont prétendûment "amis"... Sont où les "amis" ? Comme je l'ai dit à l'un d'eux qui ralait que je parlais de ma vie "au passé" disait-il : "même toi tu ne lis jamais mes blogs". Il n'a pas répondu. Oui ma vie est passée : j'ai fait ce que j'ai pu, comme j'ai pu. J'ai jonglé avec les difficultés du monde, mais aussi mes handicaps. Hé oui, j'ai fait des jobs que j'aurais pas dû, médicalement. J'ai triché avec la médecine du travail pour tenter de faire mon trou. Il est temps de le dire : Aujourd'hui je suis tenu pour "malade incurable", okay... Mais je me sais handicapé depuis toujours en réalité. Quelques toubibs s'en sont apperçus... Y'a ceux que j'ai suppliés de fermer leur gueule et ceux à qui j'ai failli la casser pour ne pas être classé "foutu" à la fleur de l'âge.
Tant que je pouvais assurer une apparence normale, et prétendre à m'insérer plus ou moins dans la société, y'avait pas de lézard. Maintenant à mon âge et dans mon état, je ne pourrais faire illusion plus de 8 jours. Autant dire que c'est fini avant l'heure pour ma pomme. Et ma moitié elle est sur la touche... Il faut être réaliste : le glas sonne pour le couple improbable. Si ma présence internet se fait absence plus de six mois, vous saurez qu'on a choisi l'ultime solution. Il est possible aussi ; si on se contente de prendre le maquis, ombre parmis les ombres, invisible tas informes sur vos trottoirs ; qu'on choisisse de ne parler qu'à ceux qui sont vraiment des ami(e)s, de loin en loin.... Ils se comptent sur les doigts d'une main... Ce qui est certain : c'est le crépuscule et la nuit bientôt sera totale.

 

saumons_retour2
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Commentaires
M
Merci de me juger sans me connaitre ! Le social, en tant qu'ancien syndicaliste, en tant qu'ancien bénévole caritatif, et me torchant le cul tout seul depuis l'âge de 16 piges où j'ai dû à cet âge assumer ma famille et une ferme de 25 ha tout seul (dérisoire aujourd'hui mais c'était le début des années 70, y'avait encore des traditionnelles), je crois que la démerde, ça me connais. J'avais dit : "pas de conseil". Okay ? Alors tenez le vous pour dit. C'est de ma faute ? Merci ! J'adore les gens comme vous. Ca fait plus d'un demi-siècle que j'en entends des imbécilités pareilles. Mon blog disparaitra comme d'autres ont disparu et ce n'est pas bien grave.
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C
Coucou! Je découvre tout juste ce blog via un de mes nouveaux contacts facebookien. Ca m'a l'air d'un petit coin sympathique. <br /> <br /> Ce serait dommage que ça ferme. <br /> <br /> Pour que vous vous soyez retrouvé dans un état pareil, il y a peut-être bien 2-3 "trucs et astuces" que vous ne connaissez pas encore... J'espère que vous allez choisir de prendre mieux soin de vous à l'avenir... plutôt que l'inverse! <br /> <br /> Bon courage!
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