présidentielles 4Un bateau ivre qui ne sait plus très bien où il va et se livre au chaos incontrôlable. Chacun de nous subit sa part de conséquences, positives ou négatives, suivant ce qu'est sa situation et son état physique. En se qui me concerne, c'est la Bérézina quoiqu'il arrive sur tous les tableaux ; c'est déjà commencé du reste. Je suis tout de même attentif à ce qui se passe, au monde qui m'entoure, même si au fond, j'en ai plein les bottes de cette compétition politique dont les enjeux ne sont pas réellement ceux avoués, non plus que ne corresponde au vécu d'une majorité inconsciente. Inconsciente parce que depuis que j'ai conscience du monde qui m'entoure, c'est à dire près de 60 ans, j'entends les gens se plaindre ; et plus je vieillis, plus je les entends se plaindre. Et pourtant j'ai toujours constaté du gaspillage... Et de plus en plus. Si les gens n'ont pas les moyens comment  font-ils ? J'ai récemment mis à jour mon album « le Restorat » (partiellement) , sur Canal-Décharge, qui rends compte d'une partie de ce que je trouve à traîner. Une partie seulement. Il s'agit le plus généralement de choses jetées hors poubelles en plus ! Des dépôts sauvages. Je n'ose pas imaginer le contenu des poubelles elles mêmes, quoique j'ai une petite idée tant il y en a qui dégueulent. Les gens ne sachant ni tasser, ni compacter ; ça demande trop de réflexion sans doute ; c'est commun. Quand ils trient approximativement, très approximativement souvent, je constate les myriades de bouteilles d'alcool, de soda, d'eau, qui sont consommées. De quoi manquez vous donc ? Nous on ne boit guère que de l'eau du robinet ; on boit du thé glacé, du moins quand on peut le refroidir, on le fait nous mêmes, parce qu'on a récupéré une quantité phénoménale de thé à traîner.
Je n'arrive pas à comprendre que l'on confie le destin d'une nation aux humeurs et appréciations d'une masse informe qui a du mal à gérer sa propre vie

clovis 4Est-ce parce que note nation tire son nom d'une tribu germanique dont le roi failli se noyer dans les marigots par chez nous et confondant l'iris qui fleurissait là où il reprit pieds et le lys dont il avait quelque peu entendu parler par sa femme chrétienne en fit son emblème que nous pataugeons depuis si longtemps ? Clovis roi des marécages avant que d'être roi des Francs ? Fous comme des lapins de garenne, les grenouilles se laissent cuire à petit feu.
Vous vous prétendez peuple de la liberté quand nous vivons dans un carcan de plus en plus oppressif. Vous faites de belles phrases sur les droits de l'homme alors qu'on entasse des gens dans des camps que je me demande ce qu'on en fait après. La discrimination est omniprésente et la haine quotidienne. J'ai encore été pris à partie il y a deux jours. Je ne faisais rien de mal : je venais d'aviser un sac poubelle éventré sur un parking, et j'avais entrepris de le transférer dans une poubelle de ville, en prenant soin que ça range. Je craignais que le vent n'éparpille les ordures. J'ai été agoni d'injures. Mais il n'est pas venu s'y frotter quand j'ai soudain décidé de prendre la mouche. C'est mon lot quotidien en tant que pauvre. Manque de respect total ; indistinctement de la conviction politique, quand il en a une, du quidam. En tant que pauvre, je devrais être à la disposition de n'importe qui qui se veut maître de ma vie. Je devrais supporter tout et n'importe quoi. Parce que pauvre, on a droit de débarquer chez moi sans prévenir, on a doit de m'imposer ce qu'on veut, et j'ai intérêt à dire merci. Bien plus que le racisme, la France est le pays de la discrimination sociale où le poids de la pyramide écrase celui qui est au sous sol. On lui offre le pire, toujours assez bon pour lui. « Vivre ça se mérite » parait-il. En tant que pauvre, je ne mérite pas de vive donc. Alors gazez-moi ! Mais non voyons, vous n'en n'avez pas le courage. Il faudrait un service délégué pour ça, spécialisé. Toujours vous décharger sur l’autre et après pouvoir dire « je savais pas » ou « j'ai obéis aux ordres ».
Sauf que j'ai pas demandé à vivre ! Je n'ai plus envie de vivre. Ce que vous avez fait de ce pays aggrave encore mon état d'esprit.
Je ne sais quel miracle a fait que je ne suis pas encore à la rue et mort sur un trottoir. Enfin si, je sais en partie : vous gaspilleriez moins, je n'aurais pas réussi cet exploit. Par contre, que ma carcasse aie un peu tenu la route, ça c'est un miracle. Mais voilà, j'en ai ras le bol. Je voudrais m’éteindre comme une bougie qu'on souffle, ne plus rien voir, ne plus rien entendre. Votre bateau ivre n'a plus ni rime, ni raison ; même les ecclésiastiques ne croient plus en un monde meilleur. Il suffit d'écouter quelques curés causer dans les radio catho pour le réaliser. Les communistes et socialistes ne croient plus non plus à la construction d'une société égalitaire et juste. Alors, dans ce vide où je n'ai pas ma place, je suis plein de chagrin, et je n'ai qu'une envie : sauter à l'eau.

Comme un tableau