CELESTESaint Michel roi des anges, prince du panthéon judéo-chrétien et musulman tout à la fois.
C'est sa fête sous le signe zodiacal de la balance, prolongement de l'équinoxe qui trace la ligne de séparation des éléments et des saisons en parts égales, la médiane de la course terrestre et solaire ; balance traditionnelle qui inspira Roberval et qu'il porte d'une main, en emblème de la justice, qu'il applique du tranchant du glaive, de l'autre main, au dragon cracheur du feu dévorant les entrailles de la Terre Mère génitrice dans sa miséricorde de toute vie terrestre. En hébreux, « miséricorde » se dit rahamîm « les entrailles maternelles » ; pluriel de rehem : l'utérus. Utérus, tabernacle de la gestation de l'être à venir ; du moins tant que les savants fous transhumanistes n'auront pas généralisés ; prochaine étape sur la voie de la déshumanisation au nom de la « liberté », par militants pseudo-libertaires interposés ; l’ectogenèse, c’est-à-dire la fécondation et la gestation hors du ventre de la mère. C'est là que mûrit l’œuf amniotique où nous nous éveillons à la réalité, au cœur de ce cocon, qu'ensuite, les ermites et les méditants, les voyants, les saint(e)s, sont allés retrouver au cœur des cavités souterraines ou des grottes. Des entrailles de la femme jailli la vie comme de la Terre jailli l'Esprit qui inspira aux anciens la formule « Visita Interiora Terrae Rectificando Occultum Lapidem ».

 

BALANCE SAINT MICHEL 4

 

Cette vie que le feu du dragon réduit en cendres par la main de ses valets ennemis de la bienveillance et de l'Amour vrai, celui qui ne possède pas. Son cousin le serpent d'Esculape ; serpentaire au firmament ; patron d’Hippocrate à l'hypocrite serment, l'enserre de ses anneaux et l'étouffe en prétendant la sauver.

 NIORT DRAGON DECOR

Quelle ironie pour moi que de mourir dans une cité qui s'est choisi comme faire valoir un dragon aux allures de serpent de marais putrides ; ceux sur lesquels est bâtie une partie de la vieille ville, traversée aussi par son égout médiéval, autre serpent, le Merdusson. Celui là même que combattit le chevalier Guillaume, sous la protection sans doute de l'Archange Michel, comme la plupart de nos chevaliers français ; les anglais lui préférant Saint Georges qui en est un avatar humanisé et incarné.

A moins de réunir quelques milliers d'euros pour aller finir mes jours ailleurs, un miracle en somme, ou une somme de bonnes volontés qui voudraient m'y propulser, c'est bien là que je vais rendre mes cendres à la Terre et mon âme à l'au-delà. C'est la fête du saint patron que m'attribuèrent, par association d'idées un peu alambiquées, mes géniteurs ; mais en ce qui me concerne la vie me fait plutôt ma fête dans le sens d'achever de me casser la gueule. Méthodiquement, consciencieusement.
A ceux qui me reprochent de vouloir aider le destin ; je voudrais quand même rappeler que je vais laisser une esseulée. Encore vaillante malgré déjà des alertes de santé, elle toucherait le petit pactole qui lui permettrait d'aller finir des jours tranquilles, loin de la vindicte des sectateurs du dragon grâce à une assurance que j'ai réussi à payer jusque là malgré le manque de fric. Plus tard, il n'est pas sûr du tout qu'on puisse continuer à banquer, et elle sera trop vieille pour s'expatrier. On ne peut lui souhaiter pire sort... Je suis souvent bien triste à cette idée de la savoir seule dans ce merdier, un jour où elle ne pourra plus se traîner, sans personne pour avoir la moindre compassion.
Saint Michel, Georges et Guillaume ont peut-être vaincus des dragons... Mais les dragons eux, sont en train de nous vaincre nous. Alors la fête ? Fête à demie...

 

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