hirondelle (4)Les martinets ont déserté le ciel de mon quartier depuis plusieurs jours. Dans la nuit du 25 au 26 juillet. Trois ou quatre, de passage sans doute, ont été aperçus tournoyant au dessus des halles le samedi suivant ; mais depuis, plus rien, et j'ai passablement patrouillé, forçant même ma carcasse à avancer de grès ou de force, pour m'assurer de la chose. Là je vous montre une hirondelle de fenêtre au nid. Une autre est venue quelques secondes plus tôt lui apporter à manger. Se pourrait-il qu'elles couvent encore à cette époque ? Où que la nichée est été retardée par les intempéries de Juin ? Il y en a beaucoup moins qu'il y a quelques années dans ce quartier, comme partout. On remarque à gauche un nid délaissé qui est peu à peu tombé en ruine. Il y en a toute une série comme ça sur cette maison dont les habitants sont pourtant attachés à leurs hirondelles. Je ne leur ai pas parlé, mais c'est tacite : ils m'ont repéré depuis longtemps, ça fait douze ans que je viens tous les ans, plusieurs fois, pour observer. Le nid peuplé l'an dernier de l'ancien café tout proche a été détruit de main d'homme.

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Une vue du nid en plus éloigné. Ça vous donne un aperçu de ce que vous pourrez apercevoir.

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Une vue depuis le sol, ce que vous pourrez remarquer avec une vue moyenne et sans jumelles. Je n'ai pas mis le zoom là. Les photos sont faite avec un bridge Nikon tout à fait basique ; un cadeau qu'on m'a fait, y'a même pas de viseur !

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 A distinguer donc des martinets ; vous avez là un couple en train d'alimenter les petits au nid que vous ne verrez jamais de l'extérieur, au contraire du nid d'hirondelle. Il est caché dans un trou de mur, de falaise, sous une gouttière comme là où il doit y avoir une petite anfractuosité. La photo là est un exploit avec le matos que j'ai. Une longue planque à guetter les virevoltes ; c'est tellement rapide ; et vingt photos ratées avant que de réussir LE cliché digne de ce nom. Pour les hirondelles c'est pas mieux ; j'ai raté à peu près toutes mes photos en vol. Je prends ce mal parce que je suis amoureux de ces oiseaux. Je suis amoureux des oiseaux de toute façon ; ce sont eux les vrais chevaliers de l'arc en ciel que vous avez dévoyé. Et je les vois disparaître petit à petit. Où sont les nuées d'hirondelles de mon enfance ? Où sont les nids de notre étable chaude où les bêtes cohabitaient paisiblement ? Il y avait un nid à chaque poutre, parfois deux ou trois. On leur laissait une petite fenêtre ouverte pour qu'elles puissent circuler librement. En été tout était ouvert, mais au printemps, lorsqu'elles arrivent, il fait encore frais. Mais elles savaient la lucarne qui les attendaient. J'aurais tant à raconter. Mais je crois que c'est inutile. Ce monde sain et naturel vous échappe, vous préférez chasser le pokémon ; ce jeu idéal pour répertorier vos goûts et couleurs et mieux vous cibler, sempiternelle pub, non pour la CIA comme le débitent les complotistes, mais pour les publicitaires grâce aux cookies téléchargés à votre insu. Sans compter la pompe à fric invisible. La nature, la vraie, intéresse peu de monde. Vous défendez les chiens, les chats, qui tuent plein d'oiseaux parce que livrés à eux-mêmes souvent, surtout les seconds. Mais à quoi bon développer ? Si vous voulez en savoir plus sur les hirondelles et martinets, il y a plusieurs articles ici qui en parlent dont mon premier, si populaire malgré le peu d'intérêt que suscitent mes blogs. Voir "Ne pas confondre hirondelles et martinets" ici même. Pour le reste, nous ne sommes pas du même univers, Canal-Décharge en est témoin.
Au moment de conclure, il me revient une annecdote ; c'était dans la Nièvre, il y a une quinzaine d'années, une nuée d'hirondelles qui se perchait sur un arbre mort ; à l'époque les apn n'existaient pas et je n'avais pas d'appareil d'ailleurs, depuis plusieurs mois, c'est bien dommage. Tous les soirs elles retrouvaient leur perchoir. Moi qui suis de la campagne, qui est par la suite beaucoup randonné, à vélo comme à pieds, je n'avais jamais vu ça, et je ne l'ai jamais revu. Et tant qu'on y est, qui se souviens que "Hirondelle" était une marque de vélo disparue aujourd'hui ? Une production Manufrance, le fournisseur de la France d'autrefois, la France dont je suis le produit, un peu... Il y avait une autre marque qui s'appelait "Arc-en-Ciel" aussi... Très céleste tout ça, comme le bleu de ma chambre d'enfant et d'adolescent...  C'est pour ça qu'aujourd'hui encore, je vole, sans fumée ni alcool, vers des paradis oubliés, je les retrouve dans mes échappées, débarrassés de tout ce que j'ai pu rencontrer comme difficultés. De toute façon, votre monde actuel n'est pas plus tendre, il est même pire, eût égard à quoi je suis réduit. Il me reste le souvenir des nuées d'oiseaux et de papillons qui m'émerveillaient.

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