bougie (1)Frère Jacques ne se lèvera plus à l'appel des matines ; on ne sonnera plus que le glas et je n'entendrais plus l'universelle comptine de Jean-Philippe Rameau (1683  1764)

Daech lave plus rouge, et les cocus foncent cornes baissées dans le piège tendu de la mort au bout de l'épée. Le terroriste a été abattu, il ne tuera plus. Un autre s'en chargera.

Dès l'affaire Mohamed Merah (mort le 22 mars 2012 à Toulouse à la suite d'un assaut du RAID)  je publiais cet avis, avant même qu'il soit clairement identifié :
« Il finira comme Khaled Kelkal »(abattu le 29 septembre 1995 à Vaugneray ). La suite m'a donné raison.

A qui profite le crime ? Ais-je écrit ? Je devrais dire « les » crimes ?
On applique à ces abjects criminels de banlieues ; manipulés ou pas, ils n'étaient pas obligés d’obéir ; la même méthode d'élimination à moindre échelle qu'à Ben Laden, Kadhafi , voire Saddam Hussein quoique ce dernier aie eu un semblant de procès.
Dans tous les cas, et sur chacune de mes publications, j'ai toujours regretté cette « justice » expéditive ; cette peine de mort lynchage au pays où elle est censée être abolie, mais aussi ailleurs dans le monde. Dans tous les cas, j'ai écrit que j'aurais aimé que justement ces salauds aient un procès public, qu'on les fasse jacter, au prix éventuel de quelques baignes ; pas la torture, non, on ne va pas s'abaisser à leur niveau tout de même ; mais quelques tartes dans la tronche pour les rendre plus coopératifs, et au pain sec et à l'eau comme dans le temps. Savoir ce qui se trame derrière, qui les a poussés. Si tant est qu'ils aient eu besoin d'être poussés.

Ces jeunes Français qui se laissent embrigader, directement ou par une sorte d’imprégnation, sont presque tous des petits délinquants. Beaucoup ont des antécédents psychiatriques, et parfois les deux. « Daech », s'il est bien derrière tout ça, comme on nous l'affirme, ne leur apprend ni la violence, ni la folie, mais leur donne une cause qui « légitimise » à leurs yeux l’une et l’autre. Avant de vouloir mourir en tuant, sans doute veulent-t-ils mourir tout court, croyant racheter leurs « péché s » tandis que leurs familles s'inscrivent dans le déni. J'ai vu la mère d'un des derniers jouer à l'autruche en affirmant « mon fils était un bon petit et tout allait bien avec lui ». Évidemment, d'une part elle n'a pas envie d'être associée, et d'autre part, on peut penser qu'il est difficile, quand les médias vous cuisinent, de dégueuler sur les siens. Me faire croire que tout est toujours tout rose avec un ado, de nos jours, dans un climat difficile, c'est me prendre pour un mariole. Là où elle se trahi c'est quand elle balance : « Moi mon gamin, je ne le sens pas capable de faire ces conneries à deux balles. » !! Connerie à deux balles un meurtre !!! Dans une société policée, et censée être en paix, qu'il fusse crapuleux ou idéologique, c'est tout de même pas une babiole ! Il ne s'agit pas là d'un vol à l'étalage. Je crois que toute une partie de la population marine dans un système de valeurs qui nous échappe. Noyée dans un présent sans perspective, sans avenir, refermée sur elle même dans son marigot.

cercle arc

L'horreur ne s'explique pas parce qu'elle échappe à notre logique et Daech n'explique pas tout, parce que ce "tout" n'existe pas. C'est même ce qui caractérise l'horreur.
Cette horreur avec laquelle, dans notre confort relatif de civilisation finissante, nous jouons à nous faire peur ; enfin vous, moi j'en suis guéri. J'y ai souscris autrefois, lisant volontiers Lovecraft par exemple et d'autres tout aussi malsains. Ça a duré quelques années jusqu'à ce que je réalise ce qu'était ce penchant pour l'obscur que nous portons en nous. Lorsque l'épouvante glisse du fantasmé au concret, nous restons hébétés, incapable de comprendre que la vie n'est pas un jeu. Elle a pourtant toujours existé. Notre histoire est un fleuve de sang qui s'est aujourd'hui subdivisé en ruisselets qui imprègnent la vie quotidienne.

Des guerres du passé ; effroyables boucheries des époques napoléoniennes ou des guerres mondiales, nous sommes passés aux guérillas coloniales et post-coloniales avant de glisser vers des affrontements banlieusards où quelques poignées de malfaisants défient la société endormie.

«La guerre est un recours barbare, préhistorique. Quelle que soit la cause de la guerre, ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix, les plus faibles». Jose Mujica, ex président de l’Uruguay (2010-2015)

Il est bien placé, lui, pour parler, qui fut, avant de se coltiner l'image du « bon pépé », un guérillero adepte de la lutte armée. Entre son époque, concomitante des Guevara, Carlos, RAF, IRA ou même Action Directe, il y a eu un effritement des moyens, idées, motivations.
Eux trouvaient une certaine sympathie dans nos masses ; leurs objectifs paraissaient « justes » à certains. Ce n'en n'étaient pas moins des tueurs.

Leurs idées, au nom de régimes qui n'ont engendré que servitudes et injustices, en prétendant le contraire, justifiaient-elles les méthodes ? Je ne crois pas, mais beaucoup encore y croient et en portent la nostalgie ! Au nom de cela d'ailleurs ils humilient les gens blessés par le terrorisme actuel. Par exemple Julie Le Goïc  , élue de gauche qui écrit : « Du coup, le prêtre mort en martyr, il a le droit à 70 enfants de chœur au paradis ? ». ou le journaliste Alexandre Hervaud de Libération qui a souhaité que les deux criminels fussent des scouts abusés par le prêtre.
Ils étaient bien heureux pourtant quand les chrétiens se sont sentis « Charlie », ou au moins solidaires, dénonçant le crime.
Même si il y a eu des prétendus chrétiens pour penser qu'après toutes les vexations distillées par le baveux, c'était pas volé, la plus grande masse fut consternée. Ceux qui profitèrent des circonstances pour s'acharner, revendiqués chrétiens, ne valent pas mieux que les gauchistes dénoncés plus haut. J'ai pas de nom sous la main, mais je l'ai hélas vu.
La violence verbale n'est que le prolongement et/ou le prélude à la violence physique. Le FLNC ne s'en cache pas lui, qui a annoncé qu'il trouvait là une occasion en or de ressortir les flingues de sous les fagots, et rêvent d'y trouver prétexte à ratonnades générales.

ST JACQUES

L'assassinat du père Jacques Hamel, au delà de la soupe médiatique, nous a surtout rappelé, ma compagne et moi, Frère Roger, mort assassiné le 16 août 2005 à Taizé .
Je ne suis pas certain, pas du tout même, que tous ces crimes obéissent à la même logique, à la même finalité, aux même maîtres. Les profils des tueurs, les modes opératoires, les cibles choisies sont nombreux et divers.

Cynisme ou concours de circonstances par ignorance ? Le Père a été assassiné le lendemain de la fête de son saint patron, lui qui était, si j'ai bien compris, un pèlerin sur le sentier des étoiles, pour intérieur que fut ce pèlerinage, comme pour beaucoup de chercheurs de Lumière. Suis-je le seul à relever ce "détail" ?

Jacques Hamel était un pèlerin sur un chemin de Lumière. A travers lui je vois un autre prêtre que j'ai bien connu ; à Vierzon, le père Félix ; comme lui un rassembleur de communauté, affable et doux. Un ami. Il avait créé une assos que tout le monde a oublié à Vierzon. l'AVATI. Nous avions célébré ensemble les 25 ans de l'assos,, il y a une trentaine d'années, autour d'un immense repas (300 couverts ; ce sont les musulmans, une demi douzaine de personnes, qui avaient fait la cuisine, et les chrétiens, dont moi, qui avaient fait la vaisselle ; quatre personnes plus une trotskyste ( *;) Clin d’œil ). Comme lui Félix était âgé... Nous avons été amenés à quitter la ville tous les deux et ne nous sommes plus revus... Jacques lui ressembles. Il y a aussi qu'une de mes copines très intime a baptisé ses enfants dans cette église.. Enfin voilà quoi... J'ai du mal à digérer

Sans doute à cause de l'importance prise par l’événement. La mort est une vieille compagne pourtant et j'ai pas mal de copains, de proches, au pays sans retour ; certains dans des circonstances tragiques. Là, c'est la violence intentionnelle qui choque tant. Parce que la mort, elle frappe de façon aléatoire à longueur de jour et d'années, sans que personne, en dehors des proches et parfois un entrefilet dans le journal, ne réagisse. Des dizaines de tués et mutilés tous les jours, sur nos routes, d'accidents domestiques ou d'agressions crapuleuses. Chez nous, à Niort, toute une série de SDF ou marginaux ont été assassinés dernièrement à coups de pelle ! Enterrés à la hâte et retrouvés au hasard d'un heureux concours de circonstances. Il y a quelques années, on a eue notre série de tueurs en série. Certains ne sont pas encore clairement identifiés. Les motivations n'ont pas toujours été très claires mais parce que pas reconnues idéologiques, on en a fait moins de cas. Je ne vois pourtant pas une grande différence moi, entre l'affaire Heaulme, par exemple, et l'actuel meurtre du Prêtre.
Je vois par contre entre l'ignoble massacre de Nice et le dernier attentat, une distance... J'ai été tellement choqué que je n'ai réussi à m'exprimer qu'en image sur Tweeter et Facebook. Il y avait là une volonté symbolique, même si elle ne relevait pas d'autant d'idées qu'on a voulu le croire. On est bouleversé mais on oublie trop que la violence fut le moteur de notre histoire et que nous n'avons jamais su en guérir. Il y a la violence considérée légitime, quand elle émane des Etats constitués, et puis l'autre, individuelle...
C'est la même bête qui anime l'homme. Ensuite on enrobe de vernis religieux, idéologique ou autre, au grès de comme ça arrange.

Puis on tombe dans la surenchère sécuritaire ; à l’approche des élections, en l'absence de programme crédible, ça arrange bien. La démagogie est toujours inversement proportionnelle à la santé du pays. L'Allemagne y a goûté autrefois.

croix bois1254