2015-annee

2015, nous célébrons l'avènement d'un autre François et sa bataille de Marignan il y a 500 ans ainsi qu'un tas d'autres événements comme la mort du Soleil de Versailles (1715) où se vautrait alentour de sa royale personne une cour désœuvrée, entretenue et hédoniste afin de la mieux museler tant la Fronde avait effrayée le jeune roi au début de son siècle (Louis XIV). On le fit payer au compagnon serrurier presque 80 ans plus tard (Louis XVI 1793) . Nous sommes à nouveau sous le règne d'un François dans une France en cours de dissolution dans la mondialisation et la soupe d'illusions. François quatrième du nom et deuxième de la 5° si je ne m'abuse ; parodie de son prédécesseur au point d’adopter un labrador.

parodie

 J'avais fait une affiche pendant la campagne électorale qui disait bien ce que j'en pensais. Le tag « Hollande » sur ce blog montre bien que je n'y croyais pas aux lendemains qui chantent. N'importe comment, le monde dont j'ai rêvé n'adviendra jamais. Parce que vos idoles ; Le Pen ou Sarkozy ne sont pas, selon moi, capables de me le servir. Au contraire !

Ce n'est pas à cause de cela que je ne suis pas venu vous souhaiter la bonne année en dépit de mon pessimisme. C'est parce que pour nous ça a commencé bizarrement et j'étais bien trop fatigué pour venir écrire. En dehors d'une pognée de facebookiens je n'ai pas envoyé de vœux. 

L'an est à peine commencé et nous sommes déjà à l'épiphanie. Le premier de l'an c'est de l’histoire ancienne. Notre affaire s'est improvisée sans crier gare. La veille les voisins sont venus nous dire qu'ils avaient prévus de fêter la nuit de la saint Sylvestre chez eux et qu'il y aurait du boucan. Nous, nous n'avions rien prévu. Les finances étaient sinon dans le rouge, tout au moins assez mal en point. Heureusement que des potes nous avaient filé un peu de fraiche pour Noël.  On ne se voyaient pas passer la nuit avec du chambard sous nos pieds. Alors on a cogité... Puis on s'est dit qu'on ne profitait quasi jamais de notre super-réduction SNCF. Il y avait quelques provisions dans les placards, nous avons bourré les sacs à dos et enfouillé quelques tickets resto dont on nous avait fait cadeau.

 

DESSERT

 A midi on prenait des forces grâce à ces derniers avec un repas mémorable qui aurait dû me fusiller en ma qualité de diabétique, mais que j'ai très bien encaissé ; ce qui prouve que mes méthodes alternatives sont efficaces, n'en déplaise à tous les imbéciles qui doutent de mes capacités. Mon dessert à soi seul ; photo ci-dessus ; cause pour le reste. Puis pour dix balles nous avons sauté dans un TER et nous sommes retrouvés à Saintes, pour assister à la cavalcade que je projetais de voir un jour depuis... 50 ans ! C'était son 55° anniversaire. Il y aura bientôt un album photo dédié, bientôt, patience. Après la fête, comme nous n'avions pas réussi à dénicher une chambre dans nos moyens ; l'auberge de jeunesse, subventionnée par Mac'do comme le prouveront bientôt des photos, est en vacances pendant cet événement majeur pour la ville ! Et puisque le stop ne fonctionnait pas, en attendant le train de 7 h, nous avons errés dans la ville ; l'architecture riche de la cité permet en ces temps de fêtes, avec les vitrines décorées, des photos sympas. Et c'est là que nous avons rencontré un pauvre ère. Il nous croise sur le trottoir, se traînant avec une béquille, mal vêtu pour ce froid glacial (- 5°). Il nous souhaite la bonne et heureuse année et, insiste-t-il, une bonne santé surtout. Du coup j'engage la conversation, on a du temps à perdre. Je découvre alors qu'il est en plus mauvaise santé que moi, qu'il a pas bouffé depuis deux jours et qu'il a perdu ses papiers. Il semble que ce soit pour ça qu'il ne peut rentrer à l'hosto et refuse que j'appelle le 115. « Ils m'ont viré du foyer » dit-il laconique. Pas possible une affaire pareille ! Je l'ai jaugé ; il ne ferait pas de mal à une mouche ! Bon, prévoyants, nous avions de la nourriture dans nos sacs et un camping gaz avec des sachets de café, on l'a pas laissé sans au moins le lester coté estomac et chaleur hein ? Après il est parti traîner sa misère, nous remerciant chaleureusement. « Vous êtes les premiers à me donner quelque chose depuis deux jours » a-t-il dit. C'était bouleversant. On a bourré ses poches de gâteaux et chocolat. On aurait voulu faire plus... On n'a pas arrêté de penser à lui depuis. Pauvre mec, à la dérive sur son radeau de la méduse... On en a rencontré d'autres un peu plus tard. Plus loin, dans une rue sombre, au pied de buses à tri de déchets, un carton abandonné. Dedans, du pain frais emballé (oui) de la nourriture, dont un saucisson tout neuf emballé, et un cubi de vin (Bordeaux rouge 12°) plus du calendos et d'autres bricoles. C'est cela notre monde.
Alors quand on a vécu ça, on se dit que l'année s'annonce médiocre pour un tas d'entre nous, voire minable.

Jheronimus Bosch 011

2015 c'est  la « Nef des fous » de Jérome Bosch, avec ses corollaires qui nous masquent sur quel radeau de la Méduse nous sommes embarqués. Je ne ferais pas d'autre prédiction ; j'ai déjà écrit que je n'attends aucune renaissance avant 2025 à minima, et encore, si nous en faisons l'effort. Contrairement à ce que croient beaucoup de naïfs, nous ne sommes pas maîtres du destin entraînés que nous sommes par le sort collectif dans un torrent de tumulte tels des fétus.
Je vous souhaite donc de vous en tirer du mieux que vous pourrez ; et comme le pauvre hère de tout à l'heure : la santé, surtout la santé ! C'est le nerf de la guerre. 

 

bonnr annee