automne (1)

« Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone. Tout suffocant et blême, quand sonne l'heure, je me souviens des jours anciens et je pleure » Paul Verlaine... C'est cela la misère ; l'automne de la vie quand plus rien n'a de sens dans la solitude et la détresse quoique certains vous diront qu'on a toujours plus malheureux que soi. Faut positiver ; c'est chébran. Les crétins qui disent cela ont rarement connus l'absolue détresse et ne se rendent pas compte que quand ils balancent cela dans la tronche d'un malheureux, ils le poignardent encore plus en le culpabilisant. Le malheureux a le sentiment d'être un incapable, et toi, pauvre con, ça te dédouane à bon compte comme ça tu continues à servir de pâture à mon blog Canal-Décharge ; inconscient de ta bêtise crasse.
La misère c'est l'appel que j'ai reçu hier soir et face auquel je suis désemparé parce que nous sommes dans une situation voisine, quoique nous, plutôt que demander pitié, avons préféré tenter la mangave sur le net(1)... La situation n'est pas exactement similaire, parce que nous avons, grâce aux copains, échappés aux assignations bancaires, mais nous sommes en délicatesse avec le Trésor (qui a tord, mais lui faire piger...). C'est cela la misère. Ça tient en un appel au secours que je me sens impuissant à résoudre...

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« Je ne peux plus payer le loyer,je suis surendettée. Je vois les assistantes sociales demain. j'en ai marre de cette situation !J'ai même pensé au pire, J'ai mes enfants mais ils ne gagnent pas leur vie J'en ai marre de cette vie!J'aimerais bien avoir un compagnon,on pourrais s’épauler. Mais je suis seule chez moi. C'est dur,j'ai pensé au pire. Je suis en surendettement... De plus,je n'ai plus de connexion chez moi..Je me sens seule. »

smurf-triste

Voilà, brut de décoffrage. Je lui souhaite bonne chance ! Parce que les « sociaux » nous, ils ont été bien incapable de faire quelque chose de concret... Ce qui vous a valu un SOS il y a presque un an. Depuis, on est toujours dans l'ultra-merde, mais du moins avons nous sauvé notre toit grâce à l'aide fraternelle de gens au grand cœur sur internet ; des gens pas souvent bien riches à de rares exceptions, mais qui nous ont tendus la main. Et y'en a qui disent qu'internet coupe du monde ! Faut être idiot ou ne pas savoir s'en servir pour dire ça ! Parce que localement, les aides ont été portion congrue. Ce sont les gens du net qui ont comblé le trou abyssal que représentait notre absence totale de ressources (fin des assedics en fait, et difficultés pour accéder aux RSA qui permet tout juste d’honorer les factures). Tout de même, sommes nous en occident, il y a internet ; quoique la personne dont je vous transcrit le message ne l'aie pas, elle ; et aussi, en faisant l'anguille, d'exploiter votre gaspillage.
Mais cela c'est la misère chez nous, braves petits poussahs occidentaux, imbus de notre "civilisation" syphilitique à l'automne de sa vie. Misère par comparaison et obligation. Misère parce que l'ambiance est au paraître et tous autour de soi ont l'air bien dans leur vie et « positivent », jettent de la nourriture, gaspillent... Obligation parce qu'on impose au pauvre la sujétion au caritatif qui propose et dispose tout à la fois tandis que le pauvre n'a qu'à fermer sa gueule. Toutes les démerdes sont sucrées les unes après les autres. J'ai appris récemment que les avantages relatifs aux vendangeurs viennent d'être sucrés (nous sommes sous un gouvernement de gauche). Ce fut pourtant le pied à l'étrier pour bien des malheureux. Autrefois on pouvait, en récupérant de la ferraille, se faire un peu d'argent. La mainmise des grandes sociétés de tri sur les déchets l'a réduit à portion misérable ; d'où des vols de gens qui ne se résignent pas et ont peu de scrupules. N'importe comment la loi ne défini pas la morale mais le droit, et le droit est toujours orienté dans le sens de la protection des intérêts du plus riche. Il est des pays où on peut survivre en récupérant les cartons et les bouteilles par exemple. Chez nous c'est impossible. Après vous stigmatisez le chômeur qui s'épuise à une réinsertion impossible dans un emploi inexistant, sauf à accepter un sous-contrat sous-payé quand il existe. Des emplois ne sont pas pourvus dites-vous ? Normal : n'importe qui ne peut pas faire n'importe quoi ! Un emploi c'est un savoir faire, des compétences. Mais c'est aussi la gueule du client. Nombre d'emplois ne sont pas pourvus par la faute même des patrons à l'âme poujadiste qui veulent non pas acheter la force de travail mais l'âme du travailleur (et le moins cher possible). Ils préfèrent un incapable qui suce à un compétent qui a une personnalité indépendante. Je connais des offres auxquelles nous avons postulées qui sont toujours libres depuis des mois... Juste comme ça pour vous mettre le doigt où ça fait mal et à sec. J'aimerai mieux y mettre une matraque hérissée de clous, eût égard à vos considérations que je lis à longueur de net sur les « parasites » soi-disant. Des milliards de fraude fiscale mais c'est le pauvre qui a tout perdu que vous honnissez.  Vous n'en n'avez jamais chaussé les chaussures. C'est aussi cela la misère. Se battre tous les jours contre votre regard assassin, vos accusations infamantes ; vous êtes toujours prêts à prendre le pauvre pour un voleur, un feignant, un tout ce qu'on veux que forcément vous n'êtes pas vous. Ne pas baisser la tête, jamais ! Soutenir votre regard, et à l'occasion vous faire passer l'envie de rire chaque fois que c'est possible. Certains ont eu beaucoup de bol d'ailleurs, de ne pas me retrouver avenue quatre œils.
Mais ça c'est la misère occidentale...

 

Il y a la misère induite. Celle de l'exploitation des enfants de par le monde, par exemple, pour entretenir votre consommation et votre gaspillage...

 

Il y a la misère soigneusement entretenue par la guerre. On djihade ici, on croisade là, et toujours c'est le peuple qui subit, désarçonné, délocalisé, fuyant la peur et la mort ; s'aventurant sur des radeaux de fortune pour, lorsqu'il en réchappe, trouver au bout du voyage la misère, la mort, la haine, votre haine. Il y a toujours du pognon pour faire la guerre...

 

Parfois, certains font preuve d'intelligence et tirent parti des dégâts collatéraux. Ces matériaux gaspillés pour la destruction dont la finalité n'a d'autres buts qu'entretenir le mythe de la croissance en soutenant les marchés. L'idéologie n'étant qu'un prétexte et un moyen d’entraîner les hommes à commettre l’inhumain pour le plus grand bénéfice des marchands. Déjà, dans les années soixante, j'ai été marqué par un article d'un « Science & Vie » de mon grand père qui soulignait que les munitions étaient grande gaspilleuse de métaux épuisables, en particulier le cuivre. J'y ai repensé en lisant un Tweet qui m'évoque un passage de la Bible :

« …/...Martelant leurs épées, ils forgeront des socs pour leurs charrues,
et, de leurs lances, ils feront des faucilles
.../... » Ésaïe 2:4

Mais ce n'est hélas que micro-initiatives localisées... La suite du verset montre bien qu'on en est encore loin :

« Plus aucune nation ne brandira l'épée contre une autre nation,
et l'on n'apprendra plus la guerre 
»

Guerre instrument à assujettir les peuples, entretenir la haine et la misère des uns au profit des autres...

 

En cette « Journée mondiale du refus de la misère » on raisonne, on interpelle quelques démagogues et on essaie de sensibiliser quelques poissons dans la nasse, mais pour l'essentiel et concrètement que fait-on ? Et que fait-on le reste du temps ? Des velléités d'efforts relèvent de la solidarité ou de la charité, d'autres de micro-solutions qui offrent un ersatz de vie normale à quelques uns en les plaçant sous le contrôle d'organisations qui s'autojustifient par cela ; mais la grande masse continue de gaspiller le sang de nos enfants, la nourriture... et un tas d'autres choses. Consommez il en restera toujours des déchets... et de la misère. Encore n'ais-je pas parlé de la maladie, des gens mal soignés parce que pauvres, ou de la couleur qui ne convient pas, ou les deux... Certaines maladies me semblent arriver opportunément, bien trop opportunément, pour servir de débouchés à des labos aux marchés engorgés, voire de terrain d'expérimentation idéal... Ca s'est déjà produit... Le scandale de la Lomidine n'est qu'un exemple... Plus loin dans le temps on peut penser à ces couvertures infectées qui étaient généreusement distribuées aux Amérindiens asservis et réduits à la misère. L'article que j'ai intégré, se réfère à un cas précis mais le fait s'est reproduit de nombreuses fois ; par ailleurs il est injustement intitulé "La première attaque biologique" puisque la méthode qui consistait à jeter des cadavres pestiférés par desus les remparts d'une ville assiégée fut employée dès le moyen-âge... Et peut-être même avant. De nos jours il est des doutes quant à certaines pratiques aussi délétère qu'on les dits salutaires... On peut se demander par exemple comment le Tamiflu a soudain été paré de toutes les vertus quand on s'aprétait à le retirer du marché. Quel rapport avec la misère ? Mais tout simplement celui-ci : la misère c'est la vache à lait des puissants qui considèrent comme bétail à gérer et exploiter cette masse informe (illettrée ?) pendant que les classes supérieures croissent comme le montrait bien une émission radiophonique récente.
Je n'ai pas non plus évoquée la première et la plus généralisée des misères : la misère morale entretenue elle aussi, toujours au profit du capital, par la désintégration des valeurs, l'acculturation entretenue, et l'inculture soigneusement cultivée... Ca nous entrainerait si loin...

diable-en-boite

 

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