tags_628 (12)Dans la médiocritude de la glauquitude de l'illusion mythomaniaque, la déraison de la bête immonde de destruction massive déconne en son cratère, éructant des borborygmes incompréhensibles du cosmos tout entier, s'appliquant consciencieusement à changer l'or en plomb au milieu des vapeurs vert de gris de vitriol sur un brasier de diamants ainsi réduits en cendres toxiques. Les anges ont déserté l'azur empuanti, enténébré et radioactif. Le jardin d'Eden n'est plus qu'une friche jonchée d'immondices où s'ébattent des singes demi-fous en rut, emmêlés en un amas informe et grouillant comme des vers dans la boue de leurs propres déjections. Leur âme est moribonde, ils deviendront poussière comme ils ont été viandasse, sans avoir eu conscience d'une existence dont ils n'ont fait que parcourir l'éphémère durée en choses dépourvues de sens. Dans le néant de la réalité confuse j'aspire à quitter ce radeau de la méduse incohérent à la dérive sur un océan de lave vomi par les enfers.

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Le coq n'annonce plus une aube radieuse ; il patauge dans la merde croassant le chant du capital et gare à celui qui voudrait siffler une autre chanson. Même un "ferme [ta] gueule" (se conf. Chevènement) ça sinistre ou ça démissionne de gré ou de force ; c'est pas un tango, c'est une Valls... des chaises musicales... Les déçus qui n'avaient rien vu venir aspirent à une main de fer tant le mouton n'est capable que de se choisir un maître plutôt que de s'émanciper. Vous vous croyez libre, vous êtes esclaves de vos passions. Pourtant les passions sont la porte de l'enfer.

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D'autres y sont passés avant nous, toutes comparaison gardées. Deux tweets saisis aux vols traduisent bien à quoi mène l'espérance en de faux messies... Le détournement des symboles et les dérives de sens. Comme je l'ai déjà dit : "ce n'est pasl'idéologie qui fait l'homme, c'est l'homme qui fait l'idéologie", quel que soit son fond et abdique toute raison devant le symbole détourné et mal compris...

 

Il y a le triomphe

 

Et les petits matins blêemes.

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Aujourd'hui la dissolution de ce qui constituait les repères sociaux et moraux de l'honnête homme ; celui de bonne volonté ; qui attendait que « l'Etat [fut] le plus honnête homme de France ». Selon le mot du baron Joseph-Dominique Louis (1755 1837. ) noie les derniers vestiges de ce qu'on a mis des siècles à construire. Nous sommes murs pour les serres d'un aigle quel qu'il soit, pour le plus grand profit du capital, et la crucifixion des générations à venir.
Proudhon n'avait rien vu ! Lui qui dénonçait l'emprise de la gouvernance sur la vie de l'individu, croyant à ce mythe rousseauiste de « l'homme bon par essence et corrompu par la société »(1) . Comme si la société était construite par autre chose que la collectivité conjuguée des individualités ! Aujourd'hui la dictature des marchands s'est substitué à l’État qui n'est plus que la chambre d'enregistrement et le garant de leurs diktats. Ils vous ont parqués, les marchands, dans une cour de récréation où vous vous croyez libre dès lors que vous ne regardez pas par dessus le mur.

Rosace de l'église de Saint Sulpice d'Arnoult (17)

C'est sur les bases de Proudhon, Marx et Freud conjugués ; tout en vous sifflotant l'illusion de leur antithèse au service du profit qu'on vous a bâti une tour d'ivoire illusoire ; une cour de récréation où s'ébattent les enfants de la désintégration amorcée par un coup de revolver il y a un siècle. La gestation commença bien avant. Le monde s'engourdissait dans un clair-obscur crépusculaire, s'endormissait dans la fluidité des brumes impressionnistes ou la perception devenait vague et cotonneuse avant que soudain, sous l’impulsion d'une pression trop longtemps contenue elle explose en une myriade désintégrée, déconstruisant les structures sonores et picturales. C'est le principe même de la fusée, ou du canon. Le projectile est parti vers l'infini du néant. Trajectoire spatiale sans but certain autre que le vide et l'absence de sens.
Il n'est pas certain que le système attribué à Aldous Huxley(2), appliqué consciencieusement par nos édiles, et dont Attali, Allègre, BHL sont les messies, mais aussi leurs adversaires, ne poursuive longtemps sa course, parce qu'ils ne regardent pas par dessus le mur.
L'obus passant le mur de l'ineptie risque fort de se désintégrer en vol, retombant en miettes sur les hordes refoulées aux limites des empires ; pauvres ères errant de ports en refuges précaires, honnies et affamées ; qui se saisiront des débris pour construire un nouveau château de carte tout aussi illusoire.

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A votre course à l'abîme j'ai préféré le babillage des oiseaux, cette langue dans laquelle s'écrit la table vermeille du grand secret si bien caché que vous ne le trouvez jamais parce que c'est en vous qu'il est caché. Au fait ; « Oiseaux » est, avec 7 lettres, comme les 7 notes de la gamme ou les couleurs de l'arc-en-ciel ; celui d’après la tempête, celui dont vous avez même sali les couleurs ; le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x]

 

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(1) « Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni le titre, ni la science, ni la vertu... Être GOUVERNÉ, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! » in :Idée générale de la Révolution au 19e siècle, Pierre-Joseph Proudhon, éd. Garnier frères, 1851, chap. Épilogue, p. 341 

toile

(2)« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.
» in Le "Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley ; du moins c'est ce que prétend partout la toile. En réalité, ce n'est pas exactement ce qu'il a écrit. Je doute fort du reste, qu'une personne adonnée à la mescaline et au LSD ai pu traduire en clair une vision aussi juste aussi loin. Néanmoins c'est le sens général de son œuvre qui ne dénonçait pas que le régime esrtampillé « communiste » comme on se gargarise à le croire. ; pas plus que « 1984 » de Georges Orwell.

chouette-niort